Gérer la fiscalité de sa SARL ou de sa SAS peut vite devenir un casse-tête. Je l’ai constaté à de nombreuses reprises en accompagnant des entrepreneurs : optimiser légalement sa charge fiscale nécessite une vision stratégique, de la rigueur et parfois un peu d’audace. Voici 7 leviers concrets que j’utilise et que je propose souvent à mes clients pour réduire leur imposition tout en restant dans le cadre légal.

Choisir entre l’IS et l’IR (ou opter pour le régime temporaire)

Le premier levier consiste à choisir le bon régime d’imposition. Par défaut, une SARL ou une SAS est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS). Cependant, sous conditions, une SARL de famille ou une jeune entreprise peut opter pour l’impôt sur le revenu (IR) pendant une durée limitée.

Concrètement, je compare toujours :

  • le taux effectif d’IS (taux réduit à 15% jusqu’à 42 500€ de bénéfice sous conditions, puis taux normal) ;
  • la pression fiscale potentielle à l’IR selon la tranche marginale d’imposition des associés.
  • Pour une entreprise qui réinvestit fortement ses bénéfices, l’IS est souvent avantageux. En revanche, si les associés ont de faibles revenus personnels, l’IR peut réduire la charge globale la première année.

    Maîtriser la rémunération dirigeante : salaire vs dividendes

    La façon dont vous vous payez a un impact majeur sur la fiscalité. Salaire ou dividendes ? Il n’y a pas de réponse universelle.

    Je recommande d’avoir une stratégie mixte :

  • Fixer un salaire raisonnable pour bénéficier de la protection sociale (retraite, maladie) ;
  • Distribuer des dividendes lorsque la trésorerie le permet, en optimisant les prélèvements sociaux et la flat tax (prélèvement forfaitaire unique de 30%).
  • Astuce pratique : avant une distribution, calculez le coût total (charges sociales, cotisations, impôts personnels) et comparez plusieurs scénarios. Un simulateur comme celui de l’Urssaf ou des outils de cabinets comptables (Sage, QuickBooks) peut aider.

    Optimiser les charges déductibles et amortissements

    Nombreux sont ceux qui négligent des charges déductibles ou des règles d’amortissement avantageuses. Voici ce que je vérifie systématiquement :

  • Imputer toutes les charges réelles d’exploitation (frais de déplacement, loyers, abonnements professionnels) en veillant à la bonne documentation ;
  • Utiliser les amortissements dégressifs quand c’est permis (pour le matériel informatique par exemple) afin d’anticiper la déduction fiscale ;
  • Capitaliser certains frais (frais de développement, d’implantation) pour lisser la charge sur plusieurs exercices.
  • Ces ajustements nécessitent une tenue de comptes rigoureuse mais réduisent significativement l’assiette imposable.

    Utiliser les dispositifs d’incitation fiscale

    La France propose plusieurs dispositifs favorables aux entreprises innovantes ou aux créateurs d’emploi. Parmi ceux que j’utilise fréquemment :

  • Crédit d’impôt recherche (CIR) et crédit d’impôt innovation (CII) pour les dépenses R&D ;
  • Réduction d’impôt pour souscription au capital (Madelin, dispositif IR PME) si vous ou vos collaborateurs investissez dans des PME ;
  • Jeune entreprise innovante (JEI) : exonérations sociales et fiscales pour certaines startups.
  • Chaque dispositif a des critères précis et demande un dossier solide. J’encourage toujours à anticiper les justificatifs dès le premier euro dépensé.

    Optimiser la trésorerie et les flux entre sociétés (holdings)

    La mise en place d’une structure de holding peut permettre d’optimiser la fiscalité des dividendes (régime mère-fille) et de faciliter la transmission. Personnellement, j’accompagne souvent des entrepreneurs dans la création d’une holding quand :

  • ils détiennent plusieurs participations ;
  • ils souhaitent organiser une transmission ou préparer une cession.
  • La holding permet notamment de recevoir des dividendes quasi-exonérés sous certaines conditions et de bénéficier d’un cadre fiscal avantageux pour le réinvestissement. Attention toutefois aux coûts administratifs et à la complexité juridique : c’est une stratégie pertinente à moyen/long terme.

    Optimiser les avantages en nature et mutuelles

    Les avantages en nature (véhicule, logement, téléphonie) et la mise en place d’une mutuelle collective bien pensée peuvent réduire le coût social et l’imposition globale. Par exemple :

  • Le remboursement de frais réels (kilométriques) peut être plus avantageux que le forfait dans certains cas ;
  • Mettre en place une participation ou un intéressement pour les salariés (y compris le dirigeant s’il est assimilé salarié) permet de bénéficier d’exonérations sociales et d’incitations fiscales.
  • Je recommande de faire un audit des avantages en nature pour s’assurer qu’ils sont bien optimisés fiscalement et fiscalement documentés.

    Planifier la cession et la transmission

    Dernier levier, mais non des moindres : préparer la transmission ou la cession de votre société. Des dispositifs comme l’exonération partielle ou totale des plus-values sous conditions (appréciation de durée de détention, PEA-PME, pacte Dutreil pour la transmission familiale) peuvent alléger fortement l’imposition.

    Ce que je conseille :

  • Anticiper au moins 3 à 5 ans avant la transmission ;
  • Structurer la détention via une holding si nécessaire ;
  • Consulter un avocat fiscaliste pour verrouiller les dispositifs juridiques (pacte, donation, etc.).
  • LevierAction concrèteAvantage attendu
    Choix IS/IRComparer scénarios selon réinvestissement et revenusRéduction de la charge fiscale globale
    RémunérationMix salaire/dividendesOptimisation charges sociales et impôts
    Charges & amortissementsDocumentation et amortissements adaptésRéduction de l’assiette imposable
    Dispositifs fiscauxDemander CIR/CII/JEICrédits d’impôt significatifs
    HoldingStructurer participationsOptimisation flux et transmission
    Avantages en natureAudit et mise en place de mutuelle/intéressementMoindre coût social et fiscal
    TransmissionPlanifier et utiliser dispositifs (Dutreil, PEA-PME)Allègement des plus-values

    Ces leviers sont puissants, mais ils demandent une mise en œuvre soignée. Je ne le répéterai jamais assez : chaque situation est unique. Avant d’appliquer une stratégie, je travaille toujours avec un expert-comptable et, quand nécessaire, un avocat fiscaliste pour vérifier la conformité, anticiper les risques de redressement et documenter chaque décision.

    Si vous le souhaitez, je peux vous proposer une check-list personnalisée à utiliser avec votre expert-comptable pour auditer votre situation fiscale actuelle et prioriser les leviers les plus pertinents pour votre SARL ou votre SAS.